Suppression des ZFE en 2026 : quelles règles s’appliquent vraiment aux flottes automobiles ?

SOMMAIRE DE L'ARTICLE

Suppression des ZFE, loi de simplification, vote à l’Assemblée nationale, commission mixte paritaire, Sénat… Depuis des mois, le sujet avance à coups d’annonces politiques, de textes partiellement adoptés et de réunions reportées. Résultat : une confusion généralisée.
Dernier rebondissement en date : le vote définitif sur la suppression des ZFE a été repoussé après les élections municipales, confirmant que rien n’est encore tranché.

Beaucoup parlent de fin des zones à faibles émissions. Mais sur le terrain, dans les agglomérations comme Paris ou Lyon, les règles continuent de s’appliquer. Les restrictions restent en vigueur. Les contrôles existent toujours. Et les responsables de flotte doivent décider, eux, sans attendre que le débat se stabilise.

La vraie question n’est donc plus « les ZFE sont-elles supprimées ? », mais quelles règles s’appliquent réellement aujourd’hui et comment sécuriser ses véhicules, ses conducteurs et sa stratégie de mobilité dans un cadre réglementaire instable.

Cet article fait le point, sans idéologie ni effets d’annonce. Ce qui est en vigueur. Ce qui peut changer. Et surtout, comment piloter une flotte sans parier sur la politique.

ZFE : comprendre le dispositif avant de parler de suppression

Qu’est-ce qu’une ZFE et pourquoi ont-elles été créées ?

Une ZFE est une zone à faibles émissions. Concrètement, une ville ou une métropole définit un périmètre dans lequel la circulation de certains véhicules devient une mesure encadrée, voire une interdiction, selon leur niveau d’émission. L’objectif initial est environnemental et sanitaire. Il s’agit d’améliorer la qualité de l’air, de réduire la pollution et de limiter les émissions de gaz à effet de serre.

La logique est aussi climatique. Réduire l’exposition de la population à des polluants responsables de maladies respiratoires et d’autres risques de santé publique est un enjeu reconnu. Les ZFE s’inscrivent donc dans une politique de long terme, liée à la qualité de vie en zone urbaine.

Le dispositif repose sur un cadre de loi et de réglementation. Il existe des normes, des règles d’accès, des restrictions et des contrôles. La mise en œuvre est nationale dans l’intention, mais locale dans l’application. La règle se définit au niveau central, mais son exécution dépend des territoires, des agglomérations et des collectivités.

Enfin, il y a l’outil opérationnel : la vignette Crit’Air. Basée sur une classification des véhicules, elle permet d’identifier les voitures et utilitaires les plus propres, et ceux considérés comme plus polluants. En ZFE-m, comme lors des épisodes de circulation différenciée en cas de pic de pollution, cette vignette reste obligatoire tant que les règles locales s’appliquent.

Pour un gestionnaire de flotte, c’est la base. ZFE, Crit’Air, restrictions, contrôles : c’est la grille de lecture opérationnelle. Le reste relève des arbitrages politiques.

Pourquoi les ZFE sont-elles devenues si contestées ?

À l’origine, les ZFE poursuivaient un objectif clair : améliorer la qualité de l’air, réduire la pollution urbaine et limiter les impacts sanitaires liés aux émissions de gaz à effet de serre. Sur le papier, le dispositif répond à un enjeu environnemental et de santé publique réel. Dans les faits, sa mise en œuvre a rapidement révélé des fractures.

La première est sociale. Dans de nombreuses agglomérations, l’interdiction progressive des véhicules les plus polluants a touché en priorité les ménages les plus vulnérables, souvent dépendants de leur voiture pour travailler. Le coût de renouvellement a parfois rendu l’accès à la mobilité inégal.

La deuxième est économique. Pour les entreprises, la variation des règles d’une ville à l’autre a créé des situations incohérentes. Un même véhicule peut être autorisé sur un site et interdit sur un autre. Cette fragmentation territoriale a entraîné des surcoûts, des contraintes opérationnelles et une perte de lisibilité.

Enfin, la difficulté d’application a nourri le rejet. Calendriers mouvants, contrôles inégaux, restrictions changeantes : la circulation urbaine est devenue plus complexe, sans produire partout les effets attendus sur la pollution. Le débat politique s’est durci, opposant logique environnementale et sentiment d’écologie punitive.

Suppression des ZFE : que s’est-il vraiment passé sur le plan politique et légal ?

Le vote de l’Assemblée nationale : ce qui a été adopté

Sur le plan institutionnel, un fait a marqué le débat. L’Assemblée nationale a adopté le 17 juin 2025, en première lecture, le projet de loi de simplification de la vie économique, texte modifié par de nombreux amendements. Dans ce cadre, la suppression des ZFE a été votée.

Ce vote explique pourquoi la question est devenue centrale dans l’actualité. Il explique aussi pourquoi de nombreux articles ont parlé de “fin”, de “vote historique” ou de “changement immédiat”. Mais dans le parcours législatif, adopté à l’Assemblée ne signifie pas applicable.

Fin janvier 2026, un nouvel élément est venu confirmer cette lecture : le gouvernement a annoncé le report du vote définitif sur la suppression des ZFE après les élections municipales. Ce report a gelé toute perspective de mise en œuvre rapide et replacé le sujet dans un calendrier politique long.

Pourquoi la suppression n’est pas encore effective

La suppression des ZFE a bien été votée en première lecture, mais ce vote ne suffit pas. Le texte doit encore être examiné par le Sénat. En cas de désaccord, une commission mixte paritaire devra trouver un compromis entre les deux chambres. Tant que ce parcours n’est pas achevé, aucune abrogation définitive ne peut entrer en vigueur.

À cela s’ajoute le risque d’un contrôle constitutionnel. Certains articles pourraient être censurés s’ils sont jugés hors périmètre du texte initial. Le report du vote après les municipales confirme une réalité : la suppression des ZFE n’est pas une priorité immédiate du gouvernement.

C’est ici que se crée le décalage entre discours politique et réalité réglementaire. Les annonces donnent l’impression d’un changement acté, alors qu’en pratique, les règles existantes restent applicables.

Une suppression nationale… mais des ZFE toujours en vigueur localement

Même dans l’hypothèse d’une suppression définitive au niveau national, la question locale resterait centrale. Les collectivités disposent de marges de manœuvre. L’application est territoriale. Paris, Lyon et d’autres grandes agglomérations restent des cas emblématiques, car le sujet y est particulièrement sensible.

Un vote national peut changer une direction. Il ne fait pas disparaître instantanément toutes les règles locales. Pour une flotte, la réalité dépendra toujours de la manière dont chaque territoire adapte ou maintient ses dispositifs.

ZFE en 2026 : ce qui s’applique concrètement aujourd’hui

Les ZFE sont-elles déjà supprimées ?

Non. À date, la réponse la plus utile est factuelle. Tant que le texte n’a pas terminé son parcours législatif et que le vote définitif a été repoussé après les élections municipales, la suppression n’est pas en vigueur. Les ZFE restent applicables.

Pour une entreprise, ce point est essentiel. Il engage la conformité, la responsabilité et le risque opérationnel. Une interdiction locale peut immobiliser un véhicule, désorganiser une activité et générer un coût immédiat.

La situation peut évoluer. Une suppression définitive est possible. Une transformation partielle aussi. Mais à ce stade, rien n’a disparu juridiquement.

Peut-on circuler sans vignette Crit’Air ?

Non plus. Tant que les ZFE restent en vigueur localement, la vignette Crit’Air demeure obligatoire pour circuler dans les zones concernées. Elle conditionne l’accès aux centres urbains et s’applique aussi lors des pics de pollution.

Même en cas de suppression nationale, certaines collectivités pourraient maintenir des restrictions temporaires pour des raisons sanitaires ou environnementales. Pour une flotte, la vignette doit donc être considérée comme un outil de conformité toujours actif, tant que les règles locales ne sont pas explicitement levées.

Où les ZFE restent-elles effectivement applicables ?

La réponse dépend du territoire. C’est là que les erreurs d’interprétation créent des conséquences concrètes. Une entreprise peut croire à une suppression nationale, alors qu’une ville applique toujours strictement ses règles.

Le bon réflexe reste une lecture par agglomération. En 2026, il n’existe pas une règle unique, mais une mosaïque de situations locales.

Quels impacts concrets de la suppression des ZFE ?

Pour les automobilistes

La suppression annoncée est souvent perçue comme une promesse de circulation plus libre. Dans les faits, les véhicules diesel ou essence classés Crit’Air 4 ou 5 restent soumis à des restrictions tant que les règles locales s’appliquent. Le changement est davantage politique que pratique à court terme.

Pour les villes et les collectivités

La suppression ne fait pas disparaître les enjeux environnementaux. Qualité de l’air, santé publique et gestion du trafic restent des responsabilités locales. Certaines collectivités assoupliront, d’autres maintiendront ou renforceront leurs règles.

Pour les entreprises et les flottes automobiles

L’impact principal, c’est l’incertitude. Elle entraîne des arbitrages difficiles sur le renouvellement. Elle crée une augmentation potentielle des dépenses si l’on doit basculer en urgence vers des véhicules plus propres, ou adapter l’utilisation des véhicules selon les zones.
La responsabilité de l’entreprise est aussi en jeu. Conformité réglementaire, sécurité des déplacements, information des conducteurs, traçabilité des règles appliquées. Dans certaines organisations, le sujet remonte au DAF, aux services généraux, à la direction des achats. Et plus la flotte est nombreuse et multi-sites, plus l’enjeu grandit.

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Flotte automobile : comment décider malgré l’instabilité des ZFE ?

Intégrer les ZFE comme un facteur de risque dans la gestion de flotte

La bonne approche consiste à transformer une contrainte floue en plan concret. Identifier les véhicules exposés, les sites en agglomération, les usages critiques. Ne pas baser une stratégie sur une suppression annoncée. Garder le contrôle sur la conformité, car ce contrôle protège l’entreprise.

Trois scénarios réalistes pour les flottes en 2026–2028

Dans un scénario de suppression réelle et durable, l’incertitude baisse mais les enjeux environnementaux restent.

Dans un scénario de statu quo fragmenté, les règles varient selon les territoires. C’est le scénario le plus probable dans une phase politique instable. Des zones restent actives. Une ville durcit. Une autre assouplit. Le niveau de contrainte varie. Une règle locale s’impose. Pour la flotte, c’est un enjeu de pilotage fin, par territoire, avec une gouvernance plus agile.

Dans un scénario de durcissement local, le risque augmente et le coût de l’impréparation est élevé.

Quelles perspectives pour l’avenir des ZFE ?

Vers une disparition définitive ou une transformation du dispositif ? Même si la suppression avance, une transformation est possible. On peut imaginer des restrictions plus ciblées, des mesures temporaires liées aux pics de pollution, ou des politiques locales centrées sur la qualité de l’air plutôt que sur un dispositif national uniforme. Les mots changent, mais l’objectif environnemental reste. Et l’effort écologique restera un sujet public, car la contrainte climatique ne disparaît pas. Les flottes doivent donc suivre l’évolution, y compris les nouveaux textes, les nouvelles décisions, et les signaux politiques. La clé est de ne pas subir.

Ce que les responsables de flotte doivent anticiper dès maintenant

Ce que les responsables de flotte doivent anticiper dès maintenant Anticiper, ce n’est pas faire des paris. C’est mettre en place un plan simple, le suivre, et décider avec discipline. Dans les prochaines semaines, votre action la plus utile est souvent basique.

Mettre à jour l’inventaire Crit’Air. Identifier les sites en agglomération. Encadrer l’accès aux zones sensibles. Équiper les équipes d’une information claire. Et prévoir des alternatives de mobilité, comme le covoiturage ou des solutions de transport adaptées, quand cela fait sens.

Et surtout, garder une phrase en tête : une gestion de flotte qui fonctionne ne se pilote pas à la réaction. Elle se pilote à la décision !

Allez plus loin : découvrez notre article sur la RSE & Flotte Automobile : comment l »intégrer durablement

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